24. června 2006
Le père Josef Michalčík, CSsR a été ordonné prêtre il y a neuf ans, en 1997. Tout de suite après son ordination, il est parti de Slovaquie pour la Bohême afin de passer à Svatá Hora son service alternatif. Et il est resté. D’abord au poste de chapelain de Svatá Hora, par la suite à celui de recteur de la communauté du lieu de pèlerinage de Králíky. En 2002 il devient membre de la province tchèque des rédemptoristes et à l’heure actuelle il assume le poste de provincial adjoint. Lors d’une de ses visites de Svatá Hora je lui ai posé quelques questions et c’est ainsi que le présent entretien a pu naître …
Je dirais que je lutte encore avec l’image que je me suis faite dans mon enfance. Mon père était très autoritaire et il imposait certaines choses de la façon…En examinant mon intérieur, au noviciat et, plus tard, à l’université, j’ai constaté que je suis très sensible et qu’en raison de mon éducation, je perçois Dieu comme autorité très forte, je dirais même dure que je suis enclin à fuir. Il me faut me débarrasser de certaines choses, notamment de ce que je trouve pathologique et qui déforme mon image de Dieu, d’en sortir progressivement pour atteindre la liberté d’un fils, souvent prodigue, mais que le Père aime pour autant. Je me rends compte, plus particulièrement en ce moment où, en adulte j’appréhende Dieu plus nettement que dans mon enfance, que Dieu n’est pas une autorité grâce à une force qui astreint, qui interdit et qui voudrait faire de l’homme une machine, un outil de son pouvoir, mais que c’est la grâce, l’amour qui lui sont propres et que c’est ce Dieu que je peux profondément aimer et échapper ainsi au péché et à l’égoïsme. Je suis très secouru par la miséricorde de Dieu symbolisée par l’image du Christ miséricordieux. C’est une telle image du Seigneur, de Dieu que je veux transmettre aux autres. Je sais, objectivement, que Dieu est miséricordieux mais je suis poussé à m’en convaincre, encore et toujours. Je cherche dans l’Evangile notamment ce qui est généreux et caresse l’âme plutôt que les actes contraignants ou rigoureux où le Christ se présente comme une autorité. Enfin, je cherche ce qui à mes yeux complète le vrai visage de mon Seigneur. Pour chacun de nous, une autre voie à prendre se propose… .
L’avalanche d’opinions, d’idéologies et d’offres fait que la vie spirituelle semble être une sorte de combat spirituel. Quels sont les armes que tu utilises afin que Dieu soit toujours à la première place ? Quelles est au fait la vie d’un prêtre ?Il existe l’idée, assez répandue, que le prêtre est un homme singulier. Ceci est peut-être du à la façon dont l’Eglise, notamment avant le concile, mais également après, met en relief le clergé. A lui-même, ce phénomène n’est pas blâmable. Mais il commence à l’être au moment où la profession religieuse est honorée sans qu’un accent aussi important soit mis sur celui qui est porteur de cette chose suprême et noble de Dieu, à savoir sur l’homme avec sa nature humaine, plus précisément avec sa nature humaine et sa modicité d’un homme appelé. Moi-même, je l’affronte encore quelque part. Il m’a été inculqué une conscience du sacré, de la grandeur des choses de Dieu, de la religion dans son ensemble et c’est certainement très bien. Cette conscience provoque aussi un sentiment, juste, d’indignité absolue. C’est d’un côté juste et justifié mais de l’autre côté cela peut conduire à un danger. A savoir si l’on ne souligne que cet aspect, unique, sans faire valoir d’autres aspects, encore plus importants et complétant la prêtrise dont également la vérité sur la nature humaine et sa culpabilité, il peut facilement arriver que la prêtrise et la vie spirituelle du prêtre soient très mal comprises. Ma vie spirituelle intime est remplie de lutte permanente avec une image fausse de Dieu. D’une part je vis un rapprochement très profond des choses célestes et la grande dignité que Dieu confère à l’homme dans sa profession religieuse et, d’autre part, je vis une forte sensation d’indignité. De plus, j’entends très nettement l’invitation de Jésus Christ : Sois un homme entier!Alors je ne peux pas être seulement un prêtre, suspendu, je dirais, dans un espace de spiritualité, un prêtre manquant d’un moi humain, non, je dois accomplir la mission de prêtre sans me détacher de ma nature humaine, de la façon dont le montre le Christ dans sa vie, sa miséricorde, son pardon et son amour. Décrire ma nature humaine rapportée à ma profession religieuse signifierait de me confesser ici.Ne soyez donc pas étonné que les prêtres et les religieux se confessent de façon régulière, au minimum toutes les deux semaines. Du moins à moi, il me faut une telle fréquence.De l’autre côté, la spiritualité de chaque homme, donc aussi d’un prêtre, doit s’orienter sur la propagation de l’amour, de la bonté, sur la formation de relations humaines saines et heureuses. Il ne faut pas se laisser démoraliser par sa propre faiblesse.Il est salutaire dans la vie spirituelle de découvrir progressivement les dons de Dieu, de les développer, de ne pas en vouloir aux autres d’avoir d’autres dons mais de former avec eux une diversité pour la construction d’une œuvre commune. De même il est important de vouloir créer une ambiance conviviale qui fait une partie composante non négligeable de la spiritualité non seulement d’un prêtre mais de tout chrétien. Le Seigneur Jésus a su justement faire émaner cet aura d’un accueil chaleureux et d’un pouvoir guérissant, par sa façon déjà de regarder les gens, de les juger tout en sachant tout d’eux et de leurs péchés. La spiritualité d’un prêtre et d’un chrétien signifie vivre et percevoir le monde comme l’a fait le Christ.En regardant ma vie de prêtre, ces presque dix années écoulées, je dois dire que les armes qui m’aident à vivre décemment en tant que prêtre et homme, sont la prière, la préparation à la Sainte Messe et le sermon, la volonté de bien vivre la Sainte Messe, ensuite la formation personnelle, des exercices d’hygiène psychique, savoir s’arrêter, chercher et trouver les chemins vers Dieu, les examens de conscience. J’ai compris qu’il est aussi nécessaire d’avoir un temps libre et un repos, mais quelquefois je n’y arrive pas. Toujours je suis comme poussé à vouloir tout arranger, or à ma façon.Aujourd’hui, au moment de notre entretien, nous commémorons le Saint Joseph Ouvrier. Dans la première lecture que nous avons écoutée, la lecture de la Genèse nous dit comment Dieu créa le monde pour l’homme et comment il sut se réjouir de son œuvre. Le septième jour, il n’a plus créé mais se réjouissait de ce qu’il venait de créer. Après tout il est possible que j’aurais à constater un jour, en tant que prêtre, que je découvrirai la sagesse de Dieu en piochant le jardin plutôt qu’en philosophant sans cesse, en retournant mes propres idées et problèmes ou en lisant des écrits théologiques. Autrement dit : la spiritualité du prêtre doit être très proche du monde, de la création, de l’homme concret en adoptant les paroles de St. Paul : « tout vous appartient mais vous appartenez au Christ ». Jésus m’apprend à trouver dans la vie quotidienne et dans les affaires courantes les choses et les événements de Dieu.Jésus travaillait pendant trente ans comme un charpentier et il n’enseignait ensuite que trois ans. Et pendant ces trente ans il observait attentivement la vie. Pour enseigner le Royaume de Dieu, il savait puiser dans un travail quotidien, dans la vie à la campagne ou dans les relations de commerce de l’époque où il devait vendre ou échanger ses produits contre ceux nécessaires pour subsister. C’est quelque part là où les paraboles du monde des affaires, du monde agricole ou de celui des tracas quotidiens sont nées. On ne cesse de parler de la spiritualité religieuse, de la corrélation de notre vie quotidienne et de la vie éternelle. Prêtons l’attention au monde des soucis courants, au monde matériel, aux relations entre les hommes, aux situations quotidiennes, à l’instar de mon Maître, et cherchons une cohésion profonde de tout ceci et de la vie éternelle comme Jésus l’a expliqué. C’est à mes yeux la voie d’un mûrissement de prêtre. Les efforts visant à une guérison spirituelle est un phénomène vécu à l’heure actuelle. D’après toi, de quoi l’homme d’aujourd’hui souffre-t-il et comment le guérir ? Je suis d’avis que l’homme de nos jours est malade de soi-même. Où qu’on regarde, on entend presque toujours on dirait une sorte de chanson répétitive : « Moi, moi, moi, seulement moi ». Et, pour être franc, nous avons tous cette tendance à nous comporter de la manière. Le fait que l’homme est enfermé en lui-même est notre tragédie. L’homme bâtit son bonheur d’après ses idées à lui donc sans se soucier pour qui et pour quoi il est prédéterminé. Les hommes n’apprécient que ce qui leur semble personnellement enrichissant et précieux. En généralisant, je dirais que nous, les hommes, souffrons de maladie appelée désir de liberté absolue. Quelquefois ça devient même ridicule la façon dont certains gens recourent aux tribunaux parce qu’untel a dit ceci ou cela, et encore ils en ont un profit médiatique. Pourtant, ces choses-là, tant qu’on est un homme censé, sont à régler par un simple accord ou bien en laissant celui qui a fait du tort à persister dans son propre primitivisme. Une autre maladie est celle de la détérioration des relations. Une moitié des ménages dans ce pays divorcent. Alors rien d’étonnant que les enfants deviennent agressifs et malheureux. Nous-mêmes nous rendons compte combien sont profondes les empreintes laissées dans notre intérieur par nos parents et combien le sont les empreintes émotionnelles que nous laissons à notre tour dans les cœurs humains. Il s’agit des fois de blessures qui influencent la vie de ces « porteurs d’empreintes » durant de longues années.Une guérison intérieure qu’apporte le Christ touche ces sources, subconscientes ou refoulées dans notre inconscient, de perception pathologique de la réalité. Dans notre for intérieur il y a des couches qui nous empêchent de respirer librement et nous voulons acquérir la liberté par violence. Voilà les diagnostics exigeant un traitement. Et c’est le Christ qui est le médecin.On constate aujourd’hui la popularité atteinte par le mouvement charismatique mais je ne l’ai jamais trop apprécié. Ce n’est pas pour son contenu car c’est le Saint-Esprit, c’est plutôt la forme que certains choisissent pour l’exprimer. A mon goût c’est trop poussé. Je suis d’avis que les guérisons apportées aux rencontres du Renouveau dans le Saint-Esprit ne diffèrent en rien de celles des missions et faites par exemple par l’intermédiaire d’entretiens divers, de la Sainte conciliation, d’attouchement de Jésus eucharistique, de prière liturgique commune, d’Onction sainte des malades ou de sermon. C’est cette façon dont nous, les rédemptoristes, procédons dans les missions.L’époque que nous vivons est plus dangereuse par rapport au passé car proposant beaucoup plus d’occasions de mettre en première place n’importe quoi sauf Dieu et permettant que l’homme soit inviter, publiquement et impudément, à agir ainsi. Et encore on déclare que c’est la seule façon d’être un vrai homme. Il existe tellement d’appâts qui attrapent l’homme, le faisant dépendant de mille choses ou manières de se conduire qu’il n’est pas surprenant si l’homme d’aujourd’hui se sent fatigué, étouffé d’informations qu’il n’arrive plus à hiérarchiser de façon judicieuse et à faire la part entre ce qui est bon et ce qui entraîne une détérioration intérieure. A la fin l’homme ne sait même plus ce qu’il veut, ce qu’il devrait vouloir, vers quoi se diriger, ce qui est l’essence de son être.J’assiste souvent en service de pastorale au phénomène de guérison au travers la Parole de Dieu, parole simple, clairement exprimée, une sorte d’expression presque catéchétique, révélant la vérité par une ou deux phrases par lesquelles la Parole de Dieu affecte le labyrinthe du cœur humain et aide l’homme à sortir dans la lumière. Or, les vérités fondamentales, clairement énoncées par le Christ, ne sont pas celles affirmant : « d’après moi », « probablement », « peut-être oui, peut-être non », « pourquoi pas ». Dieu veut guérir non pas par une parole prononcée mais par une parole vivante, vécue. Il y a des gens que Dieu sauva car ils ont entendu, dans leur délire d’impuissance et de dépendance, l’appel de Dieu et se sont mis à chercher une manière de vivre autre que celle vécue auparavant.Pour faire une synthèse : L’homme est malade de lui-même, de ses visions et ses autodéterminations, malade car se laissant infecter par l’avalanche d’informations et par son désir de tout réussir, de tout vivre. Une guérison spirituelle semble donc être impérative. Ne crois-tu pas que ceci devrait faire partie d’une offre dans les lieux de pèlerinage, et si oui, comment y procéder concrètement ?Nous, les prêtres, nous sommes aussi quelquefois malades dans notre intérieur. Moi, par exemple, je cherche de l’aide auprès de mes amis, en m’entretenant avec eux très ouvertement des choses de la foi et je le perçois comme l’une des importantes sources ou opportunités par lesquelles Dieu agit dans le processus de guérison. Mais je ne veux pas dire par-là que l’homme et la croyance se rapportent seulement à la guérison car le Seigneur Jésus non seulement guérissait l’homme mais lui apporta notamment le salut.Aujourd’hui, à l’époque marquée par la maladie de l’homme, je saluerais la mise en place d’une prestation de ce genre dans les lieux de pèlerinage. Chacun de mes confrères jouit d’un don de du Saint-Esprit, chacun d’eux se voit pourvu d’une faculté différente, de sensitivité ou de réceptivité, ce qui devrait se traduire, au niveau de la communauté et de son activité, par un service varié. Dans ce contexte, je n’arrive pas à imaginer mes confrères priant pour les gens agenouillés, venant les rencontrer, comme c’est la pratique dans le mouvement charismatique. Par contre j’imagine que la guérison peut être apportée par ces derniers lors des visites et rencontre où ils s’entretiennent avec les gens de façon ouverte, détendue, de leurs problèmes, de ceux mêmes que ces gens-là craignent à évoquer à la confession car il ne s’agit pas de péchés mais de leurs souffrances intérieures.Les lieux de pèlerinage sont en eux-mêmes des lieux où Dieu guérit sans qu’on en parle trop. Toujours est-il qu’il serait opportun qu’un confrère y soit présent et prie pour la guérison de ceux qui viennent au pèlerinage. Il faudrait parallèlement que les gens soient informés de cette opportunité et qu’ils puissent non seulement se confesser mais également parler de leurs affaires intimes dans le cadre de la commnion ou en marge de celle-ci, dans l’ambiance de prière de guérison. C’est que les gens souvent ne savent même pas que cette possibilité existe. Tu travailles maintenant à Králíky qui est un lieu de pèlerinage de la Bohême de l’Est. Comment décrirais-tu ton travail ici, à Svatá Hora, par rapport à ton travail actuel à Králíky? Essaie de comparer la réalité des deux lieux de pèlerinage…Svatá Hora peut être qualifié de lieu à caractère paroissial et de pèlerinage, l’aspect de pèlerinage se traduisant par le désir de certains pèlerins de communiquer avec moi pour mieux cerner leur rôle dans la vie, pour mieux s’y orienter ou pour se faire guérir par le Christ dans la sainte conciliation.Svatá Hora est en Bohême une sorte de « nombril des activités de pèlerinage », il est visité également par les pèlerins de l’étranger et pas seulement d’Europe. Souvent on avait, en saison d’été, à célébrer les Saintes Messes et en tchèque et en allemand. En plus, Svatá Hora assure également une pastorale paroissiale classique : mariages, baptêmes d’enfants et d’adultes, préparation à la confirmation. A l’époque, lors de mon séjour, on se chargeait aussi d’enterrements à Příbram et dans ses environs. Je passais donc la plupart de mon temps aux activités pastorales évoquées.Králíky, c’est plus calme. Par rapport à Svatá Hora, l’ampleur du pèlerinage est moins importante. Nous ne sommes pas une paroisse, n’assurons pas les préparations aux sacrements et la pastorale paroissiale ce qui détermine notre activité : le monastère de Králíky est avant tout unes base des missions populaires. Mes confrères, le père Jiří Šindelář et le père Tomasz Waściński, partent toutes les deux semaines et je m’occupe de l’église et du monastère, ensemble avec le confrère Jan Sokulski, le prêtre de diocèse Bohuslav Směšný et quelques laïques. Mais je suis chargé également de tâches non religieuses, relatives par exemple aux affaires économiques ou aux relations avec les institutions publiques. Heureusement une grande part du travail est accomplie aussi par un administrateur technique et les assistantes pastorales ce qui m’offre assez d’espace pour me consacrer aux préparatifs des exercices, aux études ou aux déplacements dans le cadre de la province des rédemptoristes. Puis il y a également d’autres occupations courantes, des formalités à régler à la municipalité, à l’évêché ou les courses à faire pour la communauté. J’ai ainsi un contact plus étroit avec le monde normal d’un homme courant.Je dirais qu’à Svatá Hora, j’ai été plus occupé de choses spirituelles alors qu’à Králíky, c’est plus tranquille. Et comme Hora Matky Boží na Králíkách (la Montagne de Notre Dame de Králiky) est un lieu de pèlerinage marial, nous prévoyons de renouveler et d’approfondir auprès des croyants la piété mariale, sous forme de rencontres les premiers samedis du mois et de dévotions mariales de mai et d’octobre. Nos missionnaires quelquefois invitent en pèlerinage les paroisses où une mission a eu lieu afin que les gens se rappellent ce qui les avait touchés lors de la mission. Hora Matky Boží est situé dans un cadre naturel superbe. Nombreux sont les gens qui viennent en touristes pour se reposer seulement, d’autres viennent pour se ressourcer, retrouver la force spirituelle et prier la Vierge Marie pour exaucer leurs vœux.Je recommande vivement à tous de nous rendre visite, non seulement en pèlerinage mais aussi en vacances, plus particulièrement ceux qui habitent une grande ville et qui cherchent un endroit paisible et charmant. Králíky est également un site recherché par les amateurs de la psychotronique affirmant y trouver une source d’un fort rayonnement positif.Vu de loin, l’ensemble des édifices de Hora Matky Boží rappelle un château. En son sein il y a aussi un cloître, comme c’est le cas de Svatá Hora, sauf qu’ici les galeries sont fermées de tous les côtés. Le cloître abrite la représentation du Chemin de la Croix et les pèlerins viennent ici faire leurs prières. L’enceinte renferme également la chapelle du Saint Escalier, à savoir la figuration de l’espace où notre Seigneur fut condamné à mort par Pilate, l’église de pèlerinage avec l’image gracieuse de la Vierge Marie, don de Tobias Jan Becker, évêque de Hradec Kralové et fondateur du lieu de pèlerinage. Le mobilier de l’église est en bois ainsi que les autels consacrés aux différents saints de la congrégation des rédemptoristes et aux patrons du pays tchèque. L’ambiance de ce lieu est d’une profondeur impressionnante, un lieu portant les empreintes d’innombrables prières faites par les pèlerins, les religieux qu’on reléguait ici dans les années cinquante suite à la suppression des ordres religieux, et aussi par les sœurs qui prenaient les soins de ce lieu il y a peu de temps encore… Tu as pas mal de violons d’Ingres dont entre autres le dessin. Comment as-tu découvert ton talent ?Le dessin tout comme d’autres dons, je ne les mets pas trop en avant. Je suis au fait un homme qui n’aime pas trop organiser, même pas pour sa propre personne. Il m’arrange d’être invité ou même forcé par une situation concrète à faire quelque chose et alors je le fais volontiers, par exemple un dessin ou toute autre prestation que je suis en mesure de fournir. De ce fait, je n’ai pas réuni une collection quelconque de mes dessins ou d’images drôles. Malgré cela tu t’es inspiré récemment du livre de Petr Piťha sur la confession. Tes dessins au sujet évoqué ont trouvé un écho favorable. Le dessin le plus apprécié est celui de « l’image tchèque de l’enfer ». Peux-tu faire un commentaire dessus ? C’est un dessin qui exprime le supplice vécu par un petit Tchèque moyen. Le supplice tient au fait que le bonhomme a devant lui « une bière sans jamais pouvoir la toucher… ». Je suis d’avis que, concernant l’effet de la catéchèse et l’influence de l’Evangile sur l’homme d’aujourd’hui, une image ou un symbole peut jouer dans ce sens un rôle important. Une situation décrite avec recul et humour, donc au travers même d’un dessin, peut agir sur l’homme plus qu’une conférence épuisante de deux heures. L’expression graphique d’un moment vécu, d’un problème vécu ou même d’une vérité de la foi deviendrait ainsi un bon outil conduisant l’homme à s’ouvrir davantage à d’autres actions de Dieu.Notre société vit une crise d’acceptation, de perception des choses spirituelles dans leur ensemble, aussi une représentation graphique, drôle, amplifiée, a la chance de mieux cerner certains aspects et parfois même les graver dans le cœur. Ayons à l’idée aussi que l’homme de nos jours perçoit la réalité de façon multiforme, par tous ces sens. Ce constat est à mettre en œuvre en catéchèse, en prédication de l’Evangile. Le langage des symboles peut nous aider à mieux articuler notre idée de la vie spirituelle ou à trouver une voie qui définira notre attitude par rapport à des situations liées à Dieu. L’entretien avec P.Josef Michalčík, CSsR a été mené par P. Stanislav Přibyl, CSsR© 2003-2009, Oficiální webové stránky Svaté Hory, všechna práva vyhrazena.
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