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24. června 2006

Fêter à contrecœur

Je suis sûr que vous pourriez le confirmer : la participation à certaines fêtes est souvent plus  un mal nécessaire qu’une joie partagée. Et ceci nonobstant le fait que nous savons que ces fêtes seront accompagnées de menus exquis, d’excellentes boissons et d’autres friandises et allèchements...
Je suis sûr que vous pourriez le confirmer : la participation à certaines fêtes est souvent plus  un mal nécessaire qu’une joie partagée. Et ceci nonobstant le fait que nous savons que ces fêtes seront accompagnées de menus exquis, d’excellentes boissons et d’autres friandises et allèchements. En effet, nous trouvons contrariant de sortir d’un chez-soi confortable, d’être obligés de chercher un cadeau et donc de dépenser de l’argent mais notamment de dépenser notre temps et énergie, je veux dire en cherchant et choisissant le cadeau. Naturellement, nous pouvons également adopter la méthode éprouvée de cadeaux dits ambulants dont le destinataire voudra se débarrasser à la première occasion venue. Et aussi, il faut s’habiller plus décemment que d’habitude, sans parler de chaussettes introuvables au moment voulu, de bas filant juste quand il ne le faut pas ou d’obligation nommée cravate. Et une fois arrivés (en voiture, bien sûr, et tard), nous savons à priori que nous allons nous ennuyer à en mourir car nous ne sommes pas capables de réfléchir autrement et peut-être  que nous ne voulons même pas faire autrement. Au bout de dix minutes nous sommes aussi épuisés que, rentrés à la maison, nous nous demandons comment nous avons pu supporter tout cela. Et encore, il y en a qui, à notre avis, ne méritent même pas que nous vivons de telles souffrances. Il serait peut-être utile de voir si finalement nos visites et félicitations sont l’expression de notre affection et de joie et s’il existe une méthode nous conduisant à « sélectionner » les personnes « méritantes ».Et il est navrant de constater - à en juger d’après mon entourage – que peu de personnes participèrent avec une vraie émotion et joie aux fêtes de Pâques de cette année, aux célébrations louant cette grande journée de résurrection de notre Seigneur (et par là de nous-mêmes, d’une certaine façon). Les symptômes de fête ennuyante décrits ci-haut étaient manifestes chez nombre de participants et même chez ceux que je n’aurais jamais soupçonnés d’une telle approche. Les célébrations avaient lieu trop tard, étaient trop longues (« chez nous, il n’y a que trois s car c’est suffisant… » … « qui au fait a eu cette idée-là ») et aussi ennuyantes (car « pareil comme l’année dernière »… « rester sans rien faire me fatigue plus qu’une vraie corvée »… « moi, je suis las des répétitions annuelles de textes connus, loin d’en être impressionné comme certains autres »). Que nous diraient-t-ils, les membres de la communauté chrétienne primaire de Jérusalem, eux, qui ont donné le fondement à cette liturgie ? (Mieux vaut ne pas vouloir savoir ce que leur diraient les « contestataires » de mon entourage…). Apparemment rien car ils nous éviteraient comme Saint Pierre invite à faire avec les païens. Peut-être qu’on devrait se retourner et chercher pourquoi leur célébration ait pu être aussi sincère ? La raison en pourrait être le fait qu’elle ne se déroulait pas suivant la règle : « Jésus Christ consacra pour vous sa vie, consacrez-lui donc un peu de votre temps ». De telles règles sont totalement superflues. Une vraie célébration ne peut pas se baser sur une obligation, elle part d’un amour et d’une foi authentiques. Ce qui fait que la situation d’une personne participant par exemple à l’homélie de Pâques par obligation, habitude ou par une raison aussi blâmable, juste pour y passer un moment « ennuyant », est fort proche de celle de la personne rendant visite à l’occasion d’un anniversaire. A cette différence près qu’un commun mortel,  ne pouvant pénétrer le cœur de ses « fidèles », ne peut être blâmé. Pour conclure, je m’excuse devant tous ceux dont l’approche a incité cet article et dont les paroles j’ai évoqué sans avoir eu leur autorisation. Or, il y a des choses que je ne sais pas taire tout en étant conscient de mes propres imperfections pouvant être constatées dans d’autres sphères de la vie.  Pavel Šmolík

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